[Manga] Death Note

Mis en orbite le 11 août 2010 par Saint Epondyle dans ~ BD, Manga & Dessinateurs, ~ Films, Animation & Séries
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[The human whose name is written in this note shall die.]

Je l’avais promis, voici donc mon avis sur le manga Death Note, que je viens de finir de regarder en animé. Le premier avantage, suffisamment rare en matière de manga pour qu’on le signale, c’est que l’histoire est terminée, en 37 chapitres et que par conséquent, le tout se tient à peu près, va quelque part et se finit. Nombreux sont les collègues de ce manga, je ne citerai pas Naruto par exemple, qui ne peuvent s’en vanter.

L’histoire de Death Note – littéralement « le cahier de la Mort », comme quoi la langue de Lovecraft à parfois du bon – est basée sur le postulat suivant : « Un lycéen japonais lambda, bien que grosse tête, découvre un beau jour un cahier lui permettant de tuer toute personne dont il connait le visage et le nom, simplement en inscrivant ce dernier dans ledit cahier. » Une fois ce synopsis posé, le personnage principal du nom de Light Yagami décide d’utiliser le cahier pour supprimer les criminels et créer un « monde parfait » dans lequel seuls les gens bons auraient droit de vivre. Dès lors s’engage un duel entre Light et la police mondiale, guidée par une sorte de super-enquêteur : L.

Le duel entre les deux nous fait prendre la mesure de notre misérable score d’INT, puisque chacun des personnage prévoit la liste de ses actions futures en déduisant de ses propres suppositions les pensées précises de l’autre : « Si L sait que je suis Kira, il n’hésitera pas à me dire qu’il souhaite disputer une partie de tennis avec moi car il saura que je déteste perdre ; toutefois il est possible qu’il sache que je sais qu’il me soupçonne et que par conséquent il me suspectera, en jouant au tennis de faire exprès de ne pas être vexé de ma défaite. Par conséquent, je vais jouer au tennis contre lui en étant furieux si je perds, chose que je n’espère pas car je déteste perdre, pour qu’il ne se doute de rien. Ainsi, libre à lui de penser ce qu’il veut, sachant que de nombreux lycéens n’aiment pas perdre et que cela ne fait pas pour autant d’eux des assassins. »

Finalement, trop de coup de théâtre finissent par rendre totalement vaine et vexant le fait d’essayer de deviner la réaction des protagonistes, puisque ceux-ci ont en réalité des trentaines de cartes dans leurs manches et que chacune provoque totalement un tel revirement de situation que la balance ne penche plus : elle fond. Finalement, le lecteur – spectateur dans mon cas – est un consommateur qui se contente de suivre le fil sans rien essayer  d’anticiper.

Côté attachement et identification aux personnages, zéro. Light est un personnage totalement creux, les policiers qui enquêtent sur Kira sont stupides, L est un dieu d’intelligence mais pas très fouillé au niveau de la personnalité, Missa est débile, N et Mello sont parachutés. Au niveau de la personnalité et de la dimension psychologique qui seraient réellement les points forts de ce manga, il n’y a rien. Chacun est aussi jusqu’au-boutiste qu’un vulgaire samouraï de shonen qui se plante son katana dans le ventre toute les trois pages et aucun  ne change d’avis, d’allié ou d’intime conviction entre le moment ou il apparait et la fin. Il est réellement dommage d’ailleurs que Light en particulier échafaude les plus terribles machinations en manipulant, tuant, faisant se suicider et faisant soupçonner autrui sans jamais subir le moindre remord ou le moindre petit dérangement mental. Un tel cahier aurait en réalité ce type de conséquence, mais peut être que le but recherché par l’auteur est plus une sorte de duel mental qu’une lente plongée dans la folie, que j’aurai personnellement fort apprécié.

Mais après tout, force est de reconnaitre qu’il me faut me garder de trop de critiques et rendre à César ce qui est à César. J’ai avalé les 37 épisodes de Death Note en trois semaines, ce qui prouve que d’une part l’intrigue et le rythme sont suffisants pour me happer relativement vite et durablement et d’autre part que je suis fort dur avec quasiment tout, et aussi avec ce qui me plait. Autrement dit cet animé m’a bien plu pour son côté divertissant et prenant, mais je n’ai pas été transcendé au point de décider de m’offrir la collection des 12 volumes du manga. Je conseille néanmoins Death Note en manga ou en animé car après tout, ne juge-t-on pas toujours mieux soi même ?