Sambre, deuxième génération | Yslaire

Mis en orbite le 20 octobre 2014 par Saint Epondyle dans BD, Manga & Dessinateurs
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Sambre, deuxième génération par Bernard Yslaire

Bernard Sambre, dandy damné, par Yslaire.

[Pourquoi faut-il que les petits frères grandissent ?]

J’ai tourné autour de Sambre pendant longtemps avant d’oser m’y confronter, comme si l’ampleur de l’oeuvre imposait de s’y préparer. C’est d’ailleurs peut-être le cas. Drame romantique et historique, la saga dessinée par Bernar Yslaire (accompagné de Balac dans le tome 1) est un classique de la BD franco-belge. Dès le départ, l’ambition de la série était de créer une tragédie romantique en hommage à la littérature du XIXe.

Au croisement de Baudelaire, Victor Hugo et Shakespeare -excusez du peu- Yslaire nous propose une saga familiale très sombre, dont les séries dérivées continuent encore d’approfondir l’univers, et surtout l’histoire des personnages. Chaque branche de l’arbre généalogique de la famille Sambre donne lieu à sa propre série. Le premier cycle est consacré à la deuxième génération, dont l’histoire se déroule entre 1847 et 1848. Les deux générations suivantes poursuivent le récit jusqu’en 1871, et La Guerre des Sambre remonte le temps pour dévoiler les origines de la malédiction. Car c’est bien de malédiction qu’il est question.

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Vol de nuit | Antoine de Saint-Exupéry

Mis en orbite le 13 octobre 2014 par Saint Epondyle dans Littérature & Auteurs
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L’édition illustrée chez Gallimard / Futuropolis

[Le but peut-être ne justifie rien.
Mais l'action délivre de la mort.]

J’ai avalé d’une traite Vol de Nuit, l’un des classiques d’Antoine de Saint-Exupéry. Ecrit en 1931 lors d’une mission en Argentine, le roman dépeint le quotidien des compagnies aéropostales intercontinentales de cette époque. C’est un ouvrage incontournable du patrimoine littéraire français, prix Femina l’année de sa sortie. Et franchement, j’ai compris pourquoi.

C’est l’aventure. Avec des moyens aériens et des communications très réduits par rapport à aujourd’hui, les pilotes de l’aéropostale doivent porter une charge quasiment sacrée. Ils acheminent le courrier d’Europe à destination d’Amérique Latine, quelques décennies à peine après l’invention de l’aviation. Comme le raconte très bien Le vent se lève, film d’animation de Miyazaki, c’est la Seconde Guerre Mondiale qui fut à l’origine d’immenses progrès dans le domaine de l’aéronautique, qui initièrent ensuite la mondialisation. Assurer la liaison entre les continents est alors une mission primordiale, qui mérite qu’on y risque sa vie.

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Jean-Philippe Jaworski aux Imaginales 2014.

[J’ai toujours envie de jouer dans les univers que je décris
ou d’écrire les univers dans lesquels je joue.]

Figure incontournable de la fantasy française, Jean-Philippe Jaworski est avant tout un créateur d’univers passionné. Son premier roman, Gagner la Guerre est un bijou d’aventure romanesque et d’écriture stylistique ; qui fut récompensé en 2009 par le jury des Imaginales.

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L’affiche américaine qui causa le scandale (et pas à cause du flingue).

[Cette ville pourrie...
elle souille tout ceux qu'elle touche.]

Je me rappelle du choc ressenti en voyant le premier Sin City, il y a quelques années. C’était bien après sa sortie en salles, et sans m’attendre à rien je pris en pleine tronche ce film sans équivalent, ce scénario en roue libre, cette esthétique noire et cette débauche de violence crue jusqu’à plus faim. Je venais de faire la connaissance de Robert Rodriguez.

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L’essentiel est invisible pour les yeux

Mis en orbite le 30 septembre 2014 par Saint Epondyle dans Arts graphiques, Pensées
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Poussières d’Etoiles 91, par Ludovic Florent.

[La vérité ce n'est point ce qui démontre, c'est ce qui simplifie.
- Antoine de Saint Exupéry, Terre des hommes]

Il en va de l’art comme de la philo : ils permettent de trouver de nouvelles clés de compréhension du monde. Untel pratique la musique et les sons du quotidien lui apparaissent différemment, tel autre les arts martiaux et sa relation aux autres en est changée. Il en va de même pour le dessin et les arts graphiques en général, ils peuvent changer radicalement notre perception du monde et même notre façon de penser.

Voici une réflexion sur le sujet, tirée de mon expérience personnelle.

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Le pixel et le papier

Mis en orbite le 25 septembre 2014 par Saint Epondyle dans Ecriture, Pensées
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Visual Paper bird, par Ruth-Tay

[Ecrire ce n'est pas vivre. C'est peut-être survivre.
- Blaise Cendrars]

Il parait que le pixel et le papier sont en guerre. Pourtant les choses n’ont pas de volonté propre. Opposer les deux est trop souvent un tort, car en réalité l’un et l’autre n’ont rien en commun et ne sont donc pas ennemis par nature. Je suis un très gros brasseur de pixels, j’en avale, diffuse, fabrique, des milliards par semaine. Pourtant, plus le temps passe et plus je renforce mon amour inconditionnel du papier, si beau et si chargé en émotions. Contradictoire ? Je ne pense pas.

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Géographie de l’instant | Sylvain Tesson

Mis en orbite le 18 septembre 2014 par Saint Epondyle dans Littérature & Auteurs
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La couverture chez Pocket.

[Je ne pense que quand j'écris.
- Pierre Louÿs]

Découvert au beau milieu de son ermitage Dans Les Forêts de Sibérie, Sylvain Tesson est un auteur que j’aime beaucoup, et qui prône dans ses livres une philosophie vie basée sur l’idée du voyage comme nécessité. Inlassable vagabond, il a visité tous les continents, à pied, à cheval ou à dos de mulet. En collectant ses pensées dans un carnet au fil de ses voyages, il a tissé depuis des années une Géographie de l’instant : un atlas du moment présent aux quatre coins du monde.

Recueil de réflexions et de micro-récits, ce livre est un patchwork de textes courts relativement désordonnés, dont la seule logique de classement est l’ordre chronologique (entre 2006 et 2014). Personnellement, le désordre de ce journal de route ne m’a pas posé de problème, au contraire même puisqu’il se prête très bien à la lecture décousue comme j’aime à la pratiquer. Que l’on connaisse l’auteur ou pas, chacune de ses bribes nous initie à une pensée profonde, sculptée par l’itinérance, entre quête de la sagesse, éloge de la solitude et hymne à la beauté du monde.

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Boyhood | Richard Linklater, 2014

Mis en orbite le 12 septembre 2014 par Saint Epondyle dans Films, Animation & Séries
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Ellar Coltrane a incarné Mason Junior pendant 12 ans.

[It's like it's always right now.]

Curieusement, entre Les Gardiens de la Galaxie, Lucy et Transformers, l’un événements de l’été au cinéma a été pour moi la sortie de Boyhood : film américain certes, mais d’un genre très différent. Contemplatif, réaliste et consacré à la jeunesse d’un garçon ordinaire, le film se distinguait déjà dans son projet de base. L’idée était simple et diablement complexe à la fois : faire grandir une brochette d’acteurs à partir des six ans du héros jusqu’à sa majorité. Chaque année pendant douze ans, l’équipe est passée devant la caméra pour jouer -en parallèle de leurs propres vies- la partition du temps qui passe.

Le résultat vaut largement les efforts qu’on devine pour mener à bien ce projet fou. Le film est touchant et dépouillé, criant de vérité, et développe sur une durée assez longue (mais nécessaire) beaucoup de moments forts et quelques coups de pression. L’enfance est montrée sans fioriture, la patte du réalisateur sachant se faire très discrète. Les acteurs sont excellents, y compris les plus jeunes. La justesse du regard rappellera Tomboy dans les débuts, et Into The Wild lorsque Mason commence à prendre de l’âge, dans un décor texan de carte postale.

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Les Ombres de Wielstadt | Pierre Pevel

Mis en orbite le 9 septembre 2014 par Saint Epondyle dans Littérature & Auteurs
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La belle couverture des éditions Fleuve Noir.

[Telle une gigantesque gargouille d'onyx dominant le vide et la nuit, le dragon veille.]

L’amie Marmotte est de bons conseils sur la chose littéraire. Après m’avoir fait découvrir plusieurs excellents bouquins, elle me dirigea vers La Trilogie Wielstadt de l’auteur français Pierre Pevel, lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire en 2002. C’est donc avec mon temps de latence habituel mais néanmoins beaucoup d’intérêt que je plongeais récemment dans le premier volume, Les Ombres de Wielstadt.

Inspiré de la mythologie et de la fantasy classique, Les Ombres de Wielstadt est un récit à la fois historique et policier. En s’appuyant sur l’Histoire, Pierre Pevel développe un univers riche de « fantasy Renaissance » et se plaît à nous le faire découvrir. Sans alourdir le récit, il renseigne le lecteur sur les mœurs du XVIIe siècle, et utilise le vocabulaire de l’époque pour nous immerger complètement.

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The Prophetess, par TALONABRAXAS

[C'était un décor paisible et idyllique mais,
sachant ce qu'il cachait, je me prenais à le haïr.
- Howard Philips Lovecraft]

Dans leur écrasante majorité, les JdR prévoient un système d’évolution des personnages dans le temps. L’idée est de les faire progresser lors de campagnes longues, et d’étoffer leurs compétences en même temps que leur roleplay. Comme dans la réalité, ils créent du lien et accumulent du vécu, souvent transcrit dans le jeu par les « XP » : les points d’expérience.

La plupart des jeux, à commencer par Donjons & Dragons, considèrent l’évolution comme une augmentation linéaire des capacités du personnage. Quand je gagne un niveau dans Donj, j’améliore mes capacités, j’obtiens de nouveaux sorts… Bref je deviens plus puissant, et c’est normal car Donj est un jeu épique dans lequel les personnages deviennent des demi-dieux capables d’affronter les forces du mal. La plupart des jeux classiques, comme Le Monde Des Ténèbres par exemple, reprennent cette logique de montée en puissance progressive.

Pourtant, il existe un autre jeu qui utilise un principe de progression très différent et parfois mal compris par les joueurs. L’Appel de Cthulhu est un jeu d’investigation occulte, et non de combat. Il fait donc appel à des mécanismes très différents en plaçant la connaissance au centre de l’évolution des personnages. Fragiles et conscients de l’être, ils sont donc contraints de marcher sur la corde raide entre instinct de survie et soif de découverte.


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J’écris mon premier livre

Mis en orbite le 4 septembre 2014 par Saint Epondyle dans Mon livre
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Cyrberpunk Reality par Saint Epondyle

La couverture est à la forge.

[Ils prétendent s'acharner à bâtir un paradis.
Et voici que leur paradis est peuplé d'horreurs.
Watchmen]

Je l’ai déjà un peu évoqué précédemment ; je l’annonce aujourd’hui en grandes pompes : Je travaille sur mon premier livre depuis quelques mois. Laissez-moi donc vous parler de ce projet plus en détails.

La série Cyberpunk Reality a été l’ensemble de textes qui m’a le plus passionné. C’est également celui qui a provoqué le plus de débat sur Cosmo au cours de la Saison IV (2013/2014). Plusieurs mois après la publication de la conclusion, j’ai encore de nouvelles idées quasi quotidiennement, et de nouveaux exemples pour approfondir mon propos. D’où l’idée d’en faire un petit livre, autopublié et proposé à la vente sur le vaste Internet. Je suis donc très heureux -et un peu stressé- de vous annoncer la naissance prochaine de mon rejeton cybernétique : l’édition réécrite et largement augmentée de Cyberpunk Reality !

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Ouverture de la Saison 5

Mis en orbite le 1 septembre 2014 par Saint Epondyle dans Cosmo [†] Orbüs
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Saison 5

[Back in Business]

N’est pas mort ce qui à jamais dort, et aussi sûrement que le Grand Tout nous est inconnu, il était écrit que je reviendrai. Un mois après mon départ, les impulsions électromagnétiques de la Matrice irriguent à nouveau ma cervelle endolorie. Des nombreux échos qui résonnèrent sur la mer des Internets pendant mon absence, je n’ai pas lu un mot… ou presque. Je retrouve à présent les commandes de ma fidèle épave. Il est temps de dépoussiérer tout ça.

Aujourd’hui s’ouvre la Saison V de Cosmo Orbüs.

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Cosmo Orbüs à quatre ans !

Mis en orbite le 20 juillet 2014 par Saint Epondyle dans Cosmo [†] Orbüs
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anniv4

[Joyeux anniversaire Cosmo !]

J’y suis finalement arrivé. Aussi certain qu’après la tempête arrive l’éclaircie, le ressac de cette Saison IV laisse sur la grève des Internets la carcasse d’un blog abîmé, éreinté, amoindri, vivant malgré tout.

Aujourd’hui, Cosmo Orbüs achève sa quatrième année ! Soit un total de plus de 35 000 heures en ligne. Avec le temps, ma relation au site a beaucoup changé. Il semble bien loin le petit OverBlog alimenté aléatoirement par quelques textes mal dégrossis et sans intérêt. Aujourd’hui j’ai la prétention de me considérer comme un auteur ; même si je ne vis pas encore de Cosmo. Bloguer n’est pas un métier, paraît-il. Alors je reste prisonnier du salariat pour l’instant. Mais qu’à cela ne tienne, j’espère pouvoir vous présenter mon tout premier bouquin cet automne, écrit, maquetté et édité artisanalement. Rassurez-vous, j’y reviendrai copieusement.

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