[Film] Her

Mis en orbite le 16 avril 2014 par Saint Epondyle dans ~ Films, Animation & Séries
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L’affiche du film, particulièrement ratée.

[We're only here briefly,
and while I'm here I want to allow myself joy.
So fuck it.]

Pour être franc, je n’étais pas très motivé pour aller voir Herle dernier film de Spike Jonze. Le portrait de moustachu sur fond rose bonbon me laissait franchement perplexe. Pourtant, malgré la légitimité dudit moustachu au concours de la plus mauvaise affiche de film de l’année, Her est un petit bijou de science-fiction romantique, que je vous recommande chaudement

Le film est une histoire d’anticipation très originale, qui aborde une thématique classique de la SF, la relation entre l’homme et la machine, sous un angle nouveau. Car Her est avant tout une romance, un beau film d’amour, sur fond de réflexion typiquement cyberpunk. Un pari plutôt osé, et très réussi.

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[Film] Gravity

Mis en orbite le 9 avril 2014 par Saint Epondyle dans ~ Films, Animation & Séries
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« Ne rien lâcher » au propre comme au figuré.

[No escaping gravity.
- Placebo]

Si l’on ne devait garder qu’un seul film de l’année 2013, il faudrait garder Gravity. A la fois très simple dans son concept, visuellement monstrueux et psychologiquement dur, c’est tout simplement un chef-d’œuvre.

Au départ, sa médiatisation à outrance m’avait un peu irrité, et pour de sordides questions d’emploi du temps je m’étais résolu à ne pas le voir au cinéma. Et puis un soir, un peu par hasard, j’ai fini par me décider. Quand on considère l’importance du visuel, de l’immersion sonore et de la 3D dans le film, on peut dire que j’ai rudement bien fait.

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La fin des Photographes

Mis en orbite le 2 avril 2014 par Saint Epondyle dans ~ Pensées
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lomo V, par egg-head

[Vous ne pouvez pas dire que vous avez vu quelque chose à fond
si vous n’en avez pas pris une photographie.

- Emile Zola]

A l’origine la photographie était une technique, réservée par nature à une élite de techniciens et de scientifiques. Elle nécessitait une bonne connaissance de procédés optiques et de techniques complexes, en plus de l’accès à un matériel rare et coûteux. Avec les progrès de la technologie, la photo est devenue un médium d’expression utilisé par les photographes pour exprimer une vision particulière du monde. Comme tous les arts elle demandait une vraie maîtrise technique, et toujours un matériel coûteux. Les pellicules argentiques limitant le nombre de clichés, ceux-ci prenaient de la valeur et leurs négatifs devenaient -par leur rareté- des œuvres à exposer, collectionner et acheter à prix d’or. Bref, la photographie obtint avec le temps l’élitisme propre aux arts classiques.

Et puis un jour le numérique a fait son entrée, d’abord assez discrètement, à des prix usuriers pour un très mauvais rendu. Petit à petit, il s’est immiscé partout. Réduisant sa taille, améliorant sa qualité, gagnant en flexibilité… et divisant son prix très sensiblement. Jamais aucune technique artistique ne s’est autant démocratisée : aujourd’hui nous avons tous un appareil photo dans notre téléphone portable.

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[Film] Only Lovers Left Alive

Mis en orbite le 26 mars 2014 par Saint Epondyle dans ~ Films, Animation & Séries
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Le couple du siècle : Tilda Swinton, solaire, et Tom Hiddleston, ténébreux.

Le couple du siècle : Tilda Swinton, solaire, et Tom Hiddleston, ténébreux.

 [She's too good to be famous.]

C’est dans un minuscule cinéma d’allure antique, un peu caché en marge d’un grand boulevard, que je me suis rendu dernièrement. Entre couloirs exiguë et moquette délabrée, on ne pouvait rêver meilleur décor pour savourer le dernier film de Jim Jarmush : Only Lovers Left Alive. On le saura, j’aime beaucoup les réinterprétations de mythes emblématiques ; et plus que tout, j’adore les vampires. J’attendais donc beaucoup de ce film, dont on m’avait dit du bien.

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Fauve ≠ au 106

Mis en orbite le 20 mars 2014 par Saint Epondyle dans ~ Musique
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Fauve @u Bataclan, par AVA

Fauve @u Bataclan, par AVA

≠ Ca m’a fait du bien parce que c’est vrai,
parce que c’était sincère.
Parce que c’était nous, vieux frère. 

~ Dédicace à Tonio, Ben et tous les autres. ~

Après trois jours je ne m’en remets pas.
J’ai mal partout, d’accord, mais pas seulement.

Samedi soir, petite salle, pure ambiance. Putain, c’est rien de le dire. Le concert était dantesque, même malgré l’absence du bassiste pour cause de poignet cassé ; bon rétablissement mec. Le week-end dernier, je suis allé voir Fauve en concert au 106, à Rouen.

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Mémento novembre, décembre 2013, janvier 2014

Mis en orbite le 16 mars 2014 par Saint Epondyle dans Cosmo [†] Orbüs
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mementos4

[Journal de Saint Epondyle #4]

Salut à tous !

Jamais il ne m’a été si difficile d’écrire sur Cosmo. Cette année est pour moi une épreuve d’endurance et d’organisation, dans laquelle je dois jongler entre plusieurs emplois du temps et des obligations de moins en moins flexibles. Parfois la motivation flanche, mais les sujets d’intérêt et d’écriture sont si nombreux que je tiens bon, vaille que vaille. J’ai réduit le rythme des parutions à un article par semaine. Jusqu’ici tout va bien.

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Band of Brothers, par ~RobHough

[Vivre sans ami, mourir sans témoin.
- Publié sur 6mots]

Contrairement aux autres jeux de société, il y a autant de façons de jouer au jeu de rôles qu’il y a de groupes de joueurs. C’est d’ailleurs pourquoi on parle de « tables » de jeu, comme des cercles spécifiques regroupant des joueurs qui partagent un style de jeu particulier. Pourtant, si la partie dépend largement de ses participants, motiver ses joueurs, les intégrer à l’univers et les inciter à l’interprétation sont les problèmes récurrents pour tous les meneurs de jeu. Le moyen pour répondre à ces problématiques primordiales, impliquer les joueurs et créer une histoire vivante, motivante et dramatique, lui, ne change pas.

Ce moyen, c’est le lien.


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Cyberpunk reality V – Conclusion

Mis en orbite le 2 mars 2014 par Saint Epondyle dans ~ Culture geek, ~ Pensées
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Life Source, par ~cloudminedesign

[Ils prétendent s'acharner à bâtir un paradis,
et voici que leur paradis est peuplé d'horreurs.
- Le docteur Manhattan, Watchmen]

Et demain ?

Tout n’est pas perdu, non. Tout n’est pas perdu.

En écrivant Cyberpunk reality, j’ai été frappé de voir à quel point les piliers fondateurs de la science-fiction dystopique trouvent un écho dans le monde d’aujourd’hui. Pour peu qu’on se penche sur la question, on peut constater que l’explosion démographique et urbaine (I), l’artificialisation des corps et des âmes (II), le règne des corporations (III) et la mystification totale (IV), achèvent de consommer le divorce entre l’humanité et la Nature.

Or, qu’est-ce-que la Nature ? Elle est multiple. On pense en premier lieu à l’écosystème, malmené par une empreinte humaine de plus en plus irréversible qui provoque l’appauvrissement des sols et des mers, les disparitions d’espèces animales de plus en plus nombreuses et le réchauffement climatique global. Mais sans minimiser ces aspects, la Nature au sens large ne s’arrête pas là.

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Books, par ~ELEK-triK

[Qui veut se connaître, qu'il ouvre un livre.
- Jean Paulhan]

Je n’ai pas toujours été un fieffé arpenteur de ce qu’on appelle la « Science-Fiction-Fantasy-Fantasique (SFFF) » où plus poétiquement « les univers de l’Imaginaire ». Mon intérêt pour ces mondes de fiction s’est forgé au fil des années grâce à la rencontre avec des œuvres déterminantes, en particulier des bouquins. Il y a des livres qui lorsqu’ils arrivent au bon moment, peuvent changer une vie.

En me retournant sur ma culture SFFF, j’ai essayé d’en isoler les œuvres vraiment marquantes. Ils ne sont pas (ou plus) forcément mes livres préférés, et j’ai parfois lu mieux depuis. Il n’empêche que lorsque je les ai découverts, ils ont eu sur moi l’effet d’un raz-de-marée, balayant tout sur leur passage et modelant les rivages mouvants de ma culture et de ma personnalité pour longtemps.

Et bien sûr, tout commence avec Harry Potter.

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Herbert et ses amis sont disponibles dans le recueil Dagon des éditions J’ai Lu.

[De Herbert West, qui fut mon ami à l'Université comme à la ville, je ne puis parler sans une irrépressible terreur.]

Parmi les nouvelles peu connues de Lovecraft, Herbert West, réanimateur occupe une place assez particulière. Premièrement, en tant que l’un des premiers textes écrits par l’auteur, il ne traite pas explicitement du Mythe de Cthulhu. Ensuite, la nouvelle aborde la figure emblématique du zombie bien avant sa démocratisation, là où Lovecraft créé en général ses propres galeries de monstres.

Herbert West, réanimateur est une incarnation parfaite de la littérature pulp. Écrite a ses début par un Lovecraft méconnu (et qui le restera jusqu’à sa mort), cette histoire en six épisodes a été rédigée par la nécessité et reniée ensuite par son auteur. C’est une littérature alimentaire, pour chaque épisode de laquelle il aurait touché cinq dollars de la revue Home Brew. L’écriture de cette histoire répond donc à la nécessité du format en feuilleton -que Lovecraft n’aimait pas- et contribua à poser un certain nombre de bases de son futur univers littéraire ; c’est par exemple la première apparition de la célèbre université du Miskatonic.

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Le temps des transhumains

Mis en orbite le 11 février 2014 par Saint Epondyle dans ~ Pensées
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to be a robot, par ~SyntheticParadox

~ Cet article est un bonus indépendant de la série Cyberpunk reality. ~

[Tous les ennuis que nous vaut la vie moderne
sont dus à ce qu'il y a de divorce entre la nature et nous.

- Isaac Asimov]

Le jour où je suis devenu un cyborg

Quand on parle de transhumanisme, on pense rapidement à l’image d’Epinal de nos oeuvres de science-fiction favorites, celle des êtres humains augmentés par des organes bioniques à néons bleus, des yeux à vision infrarouge et des armes sophistiquées avec « laser » dans leur nom. Pourtant, comme je le suggérais dans Cyberpunk reality II nous sommes déjà, et sans forcément le soupçonner, des transhumains.

Il y a quelques semaines, je cédais aux sirènes du capitalisme triomphant et de la sainte consommation, en m’offrant ce que l’époque appelle « un smartphone ». Et comme je suis un garçon excessif, je me suis aussitôt plongé avec enthousiasme dans ce nouvel appareil, installant à tout va un bon nombre d’applications de messagerie, de réseaux sociaux, de « productivité », de lecture digitale et d’information. J’ai beau ne pas avoir choisi l’appareil le plus puissant, mes capacités communicationnelles et organisationnelles se sont soudain retrouvées démultipliées par la technologie. D’un seul achat, j’ai largement ouvert le champ de mes possibles par rapport à ma condition d’être humain basique (homme du peuple niveau 1). Bref, je suis devenu un cyborg.


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[Film] Le vent se lève

Mis en orbite le 5 février 2014 par Saint Epondyle dans ~ Films, Animation & Séries
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« L’ultime chef-d’oeuvre », carrément.

[Le vent se lève, il faut tenter de vivre.
- Paul Valéry]

J’ai beau avoir été refoulé à l’avant-première, complète, il ne m’aura pas fallu longtemps pour me rattraper et aller voir Le vent se lève (風立ちぬ) dernier né du studio Ghibli et sans doute dernier film d’Hayao Miyazaki. Malgré mon admiration inconditionnelle pour l’oeuvre du Maître nippon, je restais, en allant le voir, dans l’expectative.

Le film est réaliste, ce qui surprend au regard de l’oeuvre Miyazakienne. Les problématiques soulevées sont on ne peut plus réelles et la reproduction historique est parfaite. Le vent se lève est-il donc la conclusion plus adulte et plus mature de toute l’oeuvre du réalisateur célébrant l’enfance et l’onirisme ? Peut-être.

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[Détroit] Horizons

Mis en orbite le 30 janvier 2014 par Saint Epondyle dans ~ Musique
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Le bel album.

[Il n'a y pas de méthode et rien à expliquer,
Pas de techniques en vogue de calculs étriqués,
Que vienne l'extase et que crèvent les pouvoirs au rabais !
- Détroit, Le creux de ta main]

Il aura fallu trois ans après la séparation officielle de Noir Désir pour permettre à Bertrand Cantat, icône damnée du rock français, de sortir un nouvel album. Avec son ami le bassiste Pascal Humbert, ils forment Détroit, un duo rock/folk dont la sortie du premier album Horizons a provoqué un déchaînement médiatique prévisible. Curieusement (ou pas ?) les dizaines d’articles qui titrèrent sur Détroit finirent souvent par occulter l’album pour parler de tout, sauf de musique. Le retour sur scène du chanteur étant vu par certains comme une atroce profanation, par d’autres comme un repentir vibrant.

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