Boyhood | Richard Linklater, 2014

Mis en orbite le 12 septembre 2014 par Saint Epondyle dans Films, Animation & Séries
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Ellar Coltrane a incarné Mason Junior pendant 12 ans.

[It's like it's always right now.]

Curieusement, entre Les Gardiens de la Galaxie, Lucy et Transformers, l’un événements de l’été au cinéma a été pour moi la sortie de Boyhood : film américain certes, mais d’un genre très différent. Contemplatif, réaliste et consacré à la jeunesse d’un garçon ordinaire, le film se distinguait déjà dans son projet de base. L’idée était simple et diablement complexe à la fois : faire grandir une brochette d’acteurs à partir des six ans du héros jusqu’à sa majorité. Chaque année pendant douze ans, l’équipe est passée devant la caméra pour jouer -en parallèle de leurs propres vies- la partition du temps qui passe.

Le résultat vaut largement les efforts qu’on devine pour mener à bien ce projet fou. Le film est touchant et dépouillé, criant de vérité, et développe sur une durée assez longue (mais nécessaire) beaucoup de moments forts et quelques coups de pression. L’enfance est montrée sans fioriture, la patte du réalisateur sachant se faire très discrète. Les acteurs sont excellents, y compris les plus jeunes. La justesse du regard rappellera Tomboy dans les débuts, et Into The Wild lorsque Mason commence à prendre de l’âge, dans un décor texan de carte postale.

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Les Ombres de Wielstadt | Pierre Pevel

Mis en orbite le 9 septembre 2014 par Saint Epondyle dans Littérature & Auteurs
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La belle couverture des éditions Fleuve Noir.

[Telle une gigantesque gargouille d'onyx dominant le vide et la nuit, le dragon veille.]

L’amie Marmotte est de bons conseils sur la chose littéraire. Après m’avoir fait découvrir plusieurs excellents bouquins, elle me dirigea vers La Trilogie Wielstadt de l’auteur français Pierre Pevel, lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire en 2002. C’est donc avec mon temps de latence habituel mais néanmoins beaucoup d’intérêt que je plongeais récemment dans le premier volume, Les Ombres de Wielstadt.

Inspiré de la mythologie et de la fantasy classique, Les Ombres de Wielstadt est un récit à la fois historique et policier. En s’appuyant sur l’Histoire, Pierre Pevel développe un univers riche de « fantasy Renaissance » et se plaît à nous le faire découvrir. Sans alourdir le récit, il renseigne le lecteur sur les mœurs du XVIIe siècle, et utilise le vocabulaire de l’époque pour nous immerger complètement.

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The Prophetess, par TALONABRAXAS

[C'était un décor paisible et idyllique mais,
sachant ce qu'il cachait, je me prenais à le haïr.
- Howard Philips Lovecraft]

Dans leur écrasante majorité, les JdR prévoient un système d’évolution des personnages dans le temps. L’idée est de les faire progresser lors de campagnes longues, et d’étoffer leurs compétences en même temps que leur roleplay. Comme dans la réalité, ils créent du lien et accumulent du vécu, souvent transcrit dans le jeu par les « XP » : les points d’expérience.

La plupart des jeux, à commencer par Donjons & Dragons, considèrent l’évolution comme une augmentation linéaire des capacités du personnage. Quand je gagne un niveau dans Donj, j’améliore mes capacités, j’obtiens de nouveaux sorts… Bref je deviens plus puissant, et c’est normal car Donj est un jeu épique dans lequel les personnages deviennent des demi-dieux capables d’affronter les forces du mal. La plupart des jeux classiques, comme Le Monde Des Ténèbres par exemple, reprennent cette logique de montée en puissance progressive.

Pourtant, il existe un autre jeu qui utilise un principe de progression très différent et parfois mal compris par les joueurs. L’Appel de Cthulhu est un jeu d’investigation occulte, et non de combat. Il fait donc appel à des mécanismes très différents en plaçant la connaissance au centre de l’évolution des personnages. Fragiles et conscients de l’être, ils sont donc contraints de marcher sur la corde raide entre instinct de survie et soif de découverte.


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J’écris mon premier livre

Mis en orbite le 4 septembre 2014 par Saint Epondyle dans Mon livre
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Cyrberpunk Reality par Saint Epondyle

La couverture est à la forge.

[Ils prétendent s'acharner à bâtir un paradis.
Et voici que leur paradis est peuplé d'horreurs.
Watchmen]

Je l’ai déjà un peu évoqué précédemment ; je l’annonce aujourd’hui en grandes pompes : Je travaille sur mon premier livre depuis quelques mois. Laissez-moi donc vous parler de ce projet plus en détails.

La série Cyberpunk Reality a été l’ensemble de textes qui m’a le plus passionné. C’est également celui qui a provoqué le plus de débat sur Cosmo au cours de la Saison IV (2013/2014). Plusieurs mois après la publication de la conclusion, j’ai encore de nouvelles idées quasi quotidiennement, et de nouveaux exemples pour approfondir mon propos. D’où l’idée d’en faire un petit livre, autopublié et proposé à la vente sur le vaste Internet. Je suis donc très heureux -et un peu stressé- de vous annoncer la naissance prochaine de mon rejeton cybernétique : l’édition réécrite et largement augmentée de Cyberpunk Reality !

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Ouverture de la Saison 5

Mis en orbite le 1 septembre 2014 par Saint Epondyle dans Cosmo [†] Orbüs
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Saison 5

[Back in Business]

N’est pas mort ce qui à jamais dort, et aussi sûrement que le Grand Tout nous est inconnu, il était écrit que je reviendrai. Un mois après mon départ, les impulsions électromagnétiques de la Matrice irriguent à nouveau ma cervelle endolorie. Des nombreux échos qui résonnèrent sur la mer des Internets pendant mon absence, je n’ai pas lu un mot… ou presque. Je retrouve à présent les commandes de ma fidèle épave. Il est temps de dépoussiérer tout ça.

Aujourd’hui s’ouvre la Saison V de Cosmo Orbüs.

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Cosmo Orbüs à quatre ans !

Mis en orbite le 20 juillet 2014 par Saint Epondyle dans Cosmo [†] Orbüs
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anniv4

[Joyeux anniversaire Cosmo !]

J’y suis finalement arrivé. Aussi certain qu’après la tempête arrive l’éclaircie, le ressac de cette Saison IV laisse sur la grève des Internets la carcasse d’un blog abîmé, éreinté, amoindri, vivant malgré tout.

Aujourd’hui, Cosmo Orbüs achève sa quatrième année ! Soit un total de plus de 35 000 heures en ligne. Avec le temps, ma relation au site a beaucoup changé. Il semble bien loin le petit OverBlog alimenté aléatoirement par quelques textes mal dégrossis et sans intérêt. Aujourd’hui j’ai la prétention de me considérer comme un auteur ; même si je ne vis pas encore de Cosmo. Bloguer n’est pas un métier, paraît-il. Alors je reste prisonnier du salariat pour l’instant. Mais qu’à cela ne tienne, j’espère pouvoir vous présenter mon tout premier bouquin cet automne, écrit, maquetté et édité artisanalement. Rassurez-vous, j’y reviendrai copieusement.

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[Ecrire, c'est se confronter quotidiennement à l'échec.
- Karine Tuil]

Après avoir lancé ce challenge d’écriture en novembre, les habitués s’en sont rendu compte, je n’ai plus écrit pour Les Ecrinautes depuis des mois. Etant donné l’objectif de publication régulière, et le rythme auto-imposé, il faut bien appeler ça un échec.

Vous l’avez peut-être compris, je suis submergé depuis quelques mois par les obligations de toutes sortes. La première moitié de l’année 2014 aura certes été égayée ça et là par de brillants soleils, elle a également parfois atteint des summums de brutalité. Faut-il y voir un signe du vieillissement précoce de ma carcasse sénile ? J’ai de plus en plus de mal à me remettre sur pieds après une période de frénésie, et l’accumulation de la privation de sommeil finit par dessiner dans ma tronche blafarde des crevasses violacées que je n’ose plus appeler cernes.

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Transcendance | Wally Pfister, 2014

Mis en orbite le 11 juillet 2014 par Saint Epondyle dans Films, Animation & Séries
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Johnny Depp : dernier homme sur Terre à porter le veston.

[Seuls ceux qui les ont éprouvées peuvent
concevoir les séductions de la science.
- Mary Shelley, Frankenstein]

Il faut croire que la thématique est dans l’air du temps. Alors que la science-fiction d’antan se concentrait sur des récits d’holocaustes nucléaires et de guerres contre des envahisseurs extraterrestres, notre génération est visiblement plus hantée par les intelligences artificielles, les cyborgs et le Big Data. Signe des temps.

Je vous le dis, Transcendance est un bon film, injustement descendu en flammes par la critique -maudite soit-elle ! Manque de rythme, mauvais jeu d’acteurs, platitude de l’ensemble sont les principaux reproches adressés à cette première réalisation de Wally Pfister, connu pour ses collaborations avec Christopher Nolan au rôle de directeur de la photographie. S »il est vrai qu’on peut reprocher à ce Transcendance quelques facilités narratives, ce serait une erreur de l’y réduire.

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Pris dans la Toile #4 : Strandbeest

Mis en orbite le 7 juillet 2014 par Saint Epondyle dans Arts graphiques, Web
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Theo Jansen - Generator Strandbeest, par de_buurman

Theo Jansen – Generator Strandbeest, par de_buurman

[Nous sommes faits de l'étoffe dont sont tissés les vents.
- Alain Damasio, La Horde du Contrevent]

Theo Jansen est un artiste néerlandais, entièrement consacré à la création d’une « nouvelle forme de vie » depuis 1990. Pris dans la Toile aujourd’hui, les grandes sculptures cinétiques mues par la force du vent du projet Strandbeest.

Physicien et sculpteur, Jansen a du innover sur de nombreux plans pour permettre à ses animaux artificiels de se déplacer et d’affronter les intempéries de l’extérieur. A partir de tubes en plastique, l’artiste créé ces grands squelettes éoliens, et les adapte à leur environnement. Leur mode de déplacement est par exemple basé sur des dizaines de petites pattes plutôt que des roues, et ainsi parfaitement adapté au sable de la plage. Derrière leurs mouvements simples, on devine le tour de force mécanique nécessaire à la création de ces « Strandbeesten ».


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X-Men : Days of Future Past | Bryan Singer, 2014

Mis en orbite le 1 juillet 2014 par Saint Epondyle dans Films, Animation & Séries
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L’une des affiches du film.

[Please, we need you to hope again.]

Un vieux sage hindou m’a dit un jour : « Souviens-toi jeune coq, qu’un bon film ne fera pas toujours un bon scénario de Donjons & Dragons. Et vice et versa. » Si j’ai fait de ce conseil l’un des fondements de ma vie, il n’en est visiblement pas de même pour Bryan Singer, réalisateur du dernier film adapté de l’univers Marvel : X-Men : Days of Future Past.

J’entretiens avec la saga X-Men plus que toute autre une détestation amicale des plus paradoxales. Et histoire de me fâcher les intégristes dès maintenant, je précise que je n’ai jamais lu, ni eu l’intention de lire leurs aventures sur papier, une saga filmique est censée se tenir en tant que telle. Une fois dépassé le concept bancal de la saga -chaque mutant possède un pouvoir de baston donjesque- il faut reconnaître qu’elle a le mérite de proposer une alternative plus intelligente aux histoires de superhéros habituelles, en faisant appel à des thèmes classiques de science-fiction. C’était aussi la qualité de Man of Steel d’ailleurs.

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Mémento février, mars, avril 2014

Mis en orbite le 25 juin 2014 par Saint Epondyle dans Cosmo [†] Orbüs
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mementos4

[Journal de Saint Epondyle #5]

Vingt-troisième jour de juin. Année de Dieu deux-mille-quatorze.

Je couche sur le vélin les mots que je ne saurai assumer de vive voix. Voici des mois que nous errons à la dérive sur les gouffres aveugles, troquant les dernières bribes de notre raison contre un espoir insensé : voir un jour de plus se lever sur l’abîme noir. Trop des nôtres ont succombé, arrachés de la mer des Internets par un soleil impitoyable.

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La couverture, aux éditions Dargaud.

[Malheureux, celui qui regarde en arrière,
ne voit que des heures de solitude.
- Howard Phillips Lovecraft]

Deuxième et dernier tome de la série courte de Diaz Canales et José Luis Munuera, le livre 2 de Fraternity achève le récit de cette communauté atypique du XIXe siècle américain. Malgré un format court, les auteurs jouent avec beaucoup de maîtrise du hors-champ et du contexte historique pour raconter une histoire profonde et riche en événements.

Alors que la communauté de New Fraternity est au bord de l’explosion, la créature qui rôdait aux alentours est capturée.

Entre les idéalistes, les résignés, les traditionnels et les religieux, les explications divergent. Certains la voient comme un prodige de la nature scientifiquement explicable, d’autres se retournent vers la religion et pensent que les idées athées et les changements sociétaux ont provoqué le courroux divin. La violence et l’intolérance refont surface, la communauté arrive à son point de rupture et on sort les couteaux.


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Dhoom : 2 | Sanjay Gadhvi, 2006

Mis en orbite le 17 juin 2014 par Saint Epondyle dans Films, Animation & Séries
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Dhoom 2 affiche

Non non non, ne partez pas déjà !

[Dhoom dhoom just take my life,
Dhoom dhoom just break my heart !]

C’est bien gentil de prôner l’éclectisme et de descendre en flammes les films ultra-standardisés de la production hollywoodienne, encore faut-il savoir s’ouvrir aux alternatives, par exemple en regardant ce qui se fait ailleurs. Ma connaissance du cinéma asiatique est très limitée, en gros à quelques noms coréens (Park Chan-Wook et Bong John-Oh) et japonais (Miyazaki). Mais du cinéma indien, le premier au monde par son volume de production, je ne connais quasiment rien. J’ai donc saisi l’occasion d’en voir un peu plus lorsqu’elle s’est présentée.

Dhoom : 2 est un film musical qui mêle action et romance dans une esthétique bollywoodienne surkitsch à faire pâlir les pires nanards américains. Une histoire basique de course-poursuite entre policiers et voleurs sert de prétexte à des scènes d’action débridées et des chorégraphies chantées dans le plus pur style du genre. Face à Dhoom : 2, le spectateur occidental doit faire un choix. Soit regarder le film avec sa grille de lecture habituelle et assister -médusé- au plus grand déversement d’aberrations narratives, visuelles, et au plus mauvais jeu d’acteur depuis Hitman le Cobra ; soit abandonner à la porte tout son bagage culturel et accepter le film en tant que tel, sans essayer de séparer le bon grain de l’ivraie, ni le premier du énième degré.

Car Dhoom : 2 est une hallucination totale.

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